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William H. Miller CEO - Baltimore Legg Mason Capital Management
Selon Bill Miller, la sous-performance du marché actions américain cette année par rapport aux autres grands marchés actions mondiaux s’explique par deux raisons principales : la hausse des prix pétroliers et les 12 resserrements monétaires consécutifs effectués par la Réserve fédérale.
Bill Miller considère que les mauvaises performances des marchés de mars 2000 à 2002 sont encore présentes dans l’esprit des investisseurs, qui ont tendance à regarder la performance glissante sur 5 ans qui est encore négative. Or, une étude a posteriori du marché américain montre que 5 années de performances négatives (périodes de crises fortes telles que 1929, les crises pétrolières,...), sont suivies par un rebond et des performances du marché actions américain d’au moins 10% sur les 5 années suivantes. On est donc actuellement dans le même type de scénario depuis 2002 (avec des performances glissantes 5 ans négatives), ce qui est un facteur quantitatif positif en vue d’un rebond du marché.
Par ailleurs, l’environnement actuel est selon lui très favorable pour le marché actions américain. D’un point de vue micro-économique, Bill Miller souligne que les sociétés américaines n’ont jamais été en aussi bonne santé : des marges (à des niveaux de plus de 7%) et des free cash flows en constante hausse et à des niveaux records pour le S&P 400, des bilans qui n’ont jamais été aussi sains avec une baisse de l’endettement, de nombreux programmes de rachats d’actions,... L’environnement macro-économique est également très attractif : la croissance du PIB, si elle ralentit, reste à un bon niveau, et est devenue beaucoup moins volatile.
En termes de valorisation, les actions américaines en 2006 restent sous-valorisées par rapport à leur fair value (18x selon Bill Miller) et leur valorisation historique, et restent la meilleure alternative d’investissement sur le marché américain. Le gérant considère que le S&P 500 a un potentiel d’appréciation de 10 à 20% sur les 12 à 18 mois prochains. En outre, les méga capitalisations n’ont jamais été aussi attractives. Les 10 premières sociétés du S&P 500 se traitent aujourd’hui en moyenne à un PE 2006 de 14,0x, avec un très bon dividend yield (2,4% en moyenne) et un Return On Equity de 26%. Ces chiffres sont beaucoup plus attractifs que les valorisations qu’affichaient les principales positions du S&P 500 en 2000.
Bill Miller considère donc que les meilleures opportunités d’investissement se trouvent actuellement au sein des 100 plus grandes valeurs du marché actions américain. Il y a notamment de nombreuses opportunités dans les secteurs financier et technologique qui sont actuellement fortement sous-valorisés. Enfin, les sociétés de croissance semblent également peu chères et apparaissent comme les meilleurs relais de croissance pour les 5 années à venir.
Ainsi, Bill Miller considère que le marché actions américain vient d’entrer dans une phase de rebond, mené par les méga capitalisations de la finance (Citigroup, JP Morgan Chase,...) et de la technologie (Dell, Cisco,...). Le secteur de l’acier lui paraît également attractif et il trouve par ailleurs des opportunités dans le secteur de la construction immobilière. Il continue d’être confiant dans des valeurs telles que Tyco, Eastman Kodak ou encore Health Net qui a faiblement performé en 2004. |