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Alexander Kinmont Managing Director - Tokyo Prospect Asset Management
Le gérant est confiant quant au potentiel du marché japonais,mais pas pour les mêmes raisons que le consensus. L’économie est certes en phase de reprise, mais plutôt avancée dans le cycle, et une sortie rapide de déflation semble peu probable. En outre, les réformes de M. Koizumi n’ont qu’un impact marginal sur les résultats des entreprises. L’optimisme de M. Kinmont est davantage basé sur la conviction que le marché de l’immobilier est entré dans une phase haussière qui va durer plusieurs années. Et un Japon où les prix de l’immobilier montent est un Japon très différent de celui où ils baissent.
Tout n’est donc pas devenu rose du jour au lendemain. Certains faits considérés comme acquis sont pourtant loin d’être validés en pratique : - L’idée selon laquelle les entreprises japonaises seraient devenues plus soucieuses de leur actionnariat est communément admise, et pourtant cette affirmation n’est en rien confirmée par les chiffres : le taux de distribution des dividendes est actuellement de 20%, ce qui est inférieur à la moyenne des 25 dernières années (30%), - L’économie nippone reste soumise aux cycles conjoncturels. Le cycle de reprise est aujourd’hui arrivé à maturité et devrait perdre de sa vigueur en 2006, - De façon identique, le cycle des profits n’a pas disparu. Pour de nombreuses sociétés et en dépit des restructurations, le lien entre croissance des ventes et croissance des résultats subsiste. Actuellement, les marges des entreprises sont élevées car les ventes ont été fortes, et non grâce à un changement fondamental au sein des entreprises, surtout au sein des grandes.
Il n’est toutefois pas question de nier tout progrès : - La reprise des crédits hypothécaires et des crédits aux entreprises est un signal positif pour le secteur bancaire, - La situation sur le front de l’emploi s’est très nettement améliorée, notamment grâce à un basculement des embauches en contrat à temps partiel ou à durée déterminée vers des emplois à durée indéterminée. C’est donc un facteur de soutien à la consommation, - La faiblesse du yen, à son plus bas niveau depuis les accords du Plaza en 1985, représente de facto un assouplissement des conditions monétaires.
Selon Prospect, le facteur clé de leur optimisme vis-à-vis du Japon provient de leur anticipation d’une embellie sur le marché de l’immobilier. Entre 1990 et 2000, les prix de l’immobilier ont chuté de 50% à 90% selon les cas. Mais la reprise, bien qu’encore timide, est amorcée depuis maintenant plusieurs années, menée par l’immobilier de bureau, en particulier à Tokyo. En outre, le développement du marché des REITS devrait permettre de stimuler le marché. |